La SNCF accusée de discrimination par des cheminots

La SNCF accusée de discrimination par des cheminots

Le conseil des Prud’hommes de Paris va examiner du 23 au 27 mars 2015, les recours pour discrimination déposés par 832 plaignants de nationalité ou d’origine marocaine contre la SNCF. Ceux-ci n’ont pas bénéficié du statut de cheminot plus avantageux, mais réservé aux ressortissants européens.

Embauchés au début des années 70 comme contractuels, donc avec un contrat de droit privé, ces agents à la retraite, ou proches de la retraite, ne relèvent pour la plupart pas du statut particulier des cheminots, plus avantageux mais réservé aux ressortissants européens.

La SNCF récuse toute discrimination à l'égard de ces "chibanis", qui affirment avoir été cantonnés aux plus bas niveaux de qualification et pénalisés à l'heure de la retraite. Le Conseil des Prud’hommes de Paris va examiner les 832 dossiers du 23 au 27 mars 2015.

La moitié des 832 plaignants ont acquis un jour la nationalité française. Mais seuls 113 ont obtenu le fameux "statut", dénommé en interne "cadre permanent". Ils poursuivent la SNCF car leur ancienneté n'a pas été reconnue.

Le tiers des cheminots restés contractuels affirment avoir été poussés à la retraite à 55 ans et lésés plus que les autres. Les contractuels ayant cotisé 40 ans au régime général "se verront verser en moyenne une pension inférieure de 50% à celle d'un cheminot au cadre permanent parti à 55 ans après 30 ans de service", assurent leurs conseils. Des calculs contestés par la SNCF.

En "réparation", les plaignants réclament en moyenne 400 000 euros de dommages et intérêts, dont la moitié au titre du préjudice de retraite, le reste pour les carrières. Si les Prud'hommes leur donnaient raison, la facture serait lourde pour la compagnie ferroviaire.

Lors de la première audience du 23 mars 2015, 200 dossiers environ sur 832 ont été examinés. La décision a été mise en délibéré au 21 septembre 2015.

(AFP)

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