Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

ALGERIE / Ahmed Benbitour : « la voie la plus probable du changement est une explosion de la rue »

ALGERIE / Ahmed Benbitour : « la voie la plus probable du changement est une explosion de la rue »

Parti : sans
Date de naissance : 20 juin 1946
Age : 68 ans
Nationalité : algérienne
Lieu de naissance : Metlili (Ghardaïa)
Expérience présidentielle : non
Ses livres : Radioscopie de la gouvernance algérienne (2006) ; L'Expérience algérienne de développement : 1962-1991, L'Algérie au IIIe millénaire (1998) ; Défis et potentialités (1998)

Économiste, originaire de Ghardaïa, il a suivi ses études en Algérie et au Canada. Doctorant en sciences économiques, il est chargé de mission à la présidence de la République de 1991 à 1992. Entre 1992 et 1996, il est ministre du Trésor, de l'Energie puis des Finances. Il est l'un des artisans des accords avec le FMI. Nommé chef de gouvernement le 23 décembre 1999, il démissionne le 26 août 2000. Ahmed Benbitour, 68 ans, fut le premier candidat à se retirer de l'élection présidentielle Algérienne de 2014 qui à vu A.Bouteflika "l'emporter" pour la 4ème fois.

Pour Ahmed Benbitour "les dés étaient pipés d'avance" , il ne voulait pas que le maintient de sa candidature puisse servir de caution au régime en place selon ses dires.

L'économiste fait parti d'un Front d'opposition (CLTD) regroupant plusieurs forces politique , qui réclame une transition pacifique "pour mettre fin au régime".

Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement et membre de la CLTD, estime qu’il y a trois voies possibles pour l’avènement du changement politique en Algérie.

La voie la « plus probable » serait l’explosion de la rue.

Entretien.

Le Chef de l’Etat a procédé à des changements au sein du gouvernement et à la tête des grandes entreprises publiques. Quelle est votre lecture ?

Il ne s’agit pas de changement mais de permutations entre responsables.

On veut donner l’impression que le pouvoir a pris en charge les inquiétudes de la population quant à l’amenuisement de la rente.

Le budget de l’Etat connaîtra de sérieuses difficultés à partir du deuxième semestre 2016 parce que les prix du baril du pétrole ne vont pas dépasser les 70 dollars.

Ces difficultés affecteront la balance des comptes courants en 2018, et il n’y aura plus de possibilités de financer les importations.

Des événements ont marqué ces dernier jours la vie des partis au pouvoir. Le SG du RND a démissionné et le chef de l’Etat a affiché son soutien au SG du FLN. Un commentaire ?

Ce sont des réajustements qui tiennent compte des changements des rapports de force à l’intérieur du pouvoir.

Des changements en faveur du camp de Bouteflika ?

Il y a plusieurs petits pôles. On ne peut pas dire qui a gagné et qui a perdu.

Pensez-vous que le changement politique en Algérie est envisageable dans un avenir proche ?

Il y a trois voies de changement. La première est que le pouvoir en place, qui prend conscience du danger sur l’avenir de la nation, appelle au changement.

Cette voie n’est pas possible dans le cas algérien.

Pour la deuxième voie, le changement viendrait de négociations entre le pouvoir et l’opposition.

Malheureusement, ni l’opposition n’est unifiée ni le pouvoir n’est unique, d’où l’impossibilité de cette voie également.

La voie la plus probable est le changement par l’explosion de la rue.

Tout le travail politique doit consister à éviter cette voie qui mène vers l’inconnu.

Concrètement, comment éviter ce troisième scénario ?

Travailler pour l’organisation d’élections présidentielles anticipées, conduites par une commission indépendante.

C’est le seul moyen pour éviter l’explosion de la rue.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article