Racisme de France (Partie 1)

1 Juin 2015, 21:06  -  #SOCIETE

Les thèses racialistes, qui tentaient de fonder sur l'autorité de la science l'idéologie raciste, ont été développées en France dès le milieu du XIXe siècle, avec l' Essai sur l'inégalité des races humaines du comte de Gobineau, qui eut une influence importante par la suite.

Ce courant a été perpétué par Georges Vacher de Lapouge à la fin du XIX siècle, Jules Soury ou encore George Montandon et René Martial, auteur des Traits de l'immigration et de la greffe inter-raciale (1931), lors des années 1930 et bien d'autres par la suite jusqu’à un racisme décomplexer, qui se généralise ou plutôt, peut être qui avait toujours été là, "caché" et qui s'affirme au grand jour actuellement.

Racisme anti-arabes

Tag racistes ( Nancy )

Tag racistes ( Nancy )

Le journaliste Fausto Giudice a recensé plus de deux cents Maghrébins assassinés lors de crimes racistes et plusieurs centaines d’autres agressés entre 1971 et 1991.

L'année 1973 est celle qui a connu le plus grand nombre de meurtres de Maghrébins.

Le 25 août 1973, à Marseille, le meurtre d’un conducteur de bus par un immigré algérien, déclenche une série d'agressions à la suite notamment d'un article de Gabriel Domenech dans Le Méridional.

Pendant plusieurs mois, des meurtres d'Arabes/Berbères vont être commis dans tout le sud de la France.

Cette chasse à l’homme culmine le 12 décembre 1973 avec l’attentat du Consulat algérien revendiqué par le Club Charles Martel qui fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés.

C’est à la suite de ces événements que le gouvernement algérien décide de suspendre l’émigration en direction de la France.

Au total, 52 Arabes/Berbères (essentiellement Algériens) furent tués ou blessés lors de crimes racistes au cours de cette année 1973.

 Racisme de France (Partie 1)

Pour plusieurs auteurs, l'islamophobie d'aujourd'hui n'est qu'un racisme anti-maghrébin déguisé. Ainsi selon Olivier Roy, « pour beaucoup de gens, de gauche en particulier, la critique de l’islam comme religion permet de reprendre un discours anti-immigration en le « déracialisant ».

Au lieu de critiquer les immigrés ou les Arabes/Berbères, on se réfère aux « musulmans », mais il s’agit bien sûr de la même population. »

Racisme anti-Roms

 Racisme de France (Partie 1)

Depuis la présidence de N. Sarkozy, les déclarations et les incidents racistes anti-Roms recensés en France ont augmenté de façon exponentielle.

Récemment, les propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur le caractère inassimilable des populations Roms, ont créé un scandale et interviennent dans la foulée de celles de Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez ».

Les propos de Jean-Marie Le Pen sur “la présence odorante et urticante des Roms”, après ceux d’Estrosi appelant les maires à utiliser des moyens répressifs contre eux.

Il s'agirait d'une réhabilitation du racisme « à l'ancienne ».

 Racisme de France (Partie 1)

Un racisme exacerbé à l’encontre d’une minorité méconnue

Les populations roms en France concentrent un racisme répandu et virulent

Des stéréotypes propres au statut de migrant :

Les populations roms en France sont souvent enfermées dans une représentation figée d’ un groupe ethnique qui serait homogène, exclusivement nomade , dépourvu de tout mécanisme d’ascension sociale, bénéficiaire abusifs des prestations sociales, et n’ayant pas vocation à s’installer, ni à s’intégrer.

Le rejet de la précarité sociale : la perception négative des Roms tient également à une association à la misère, à l’insalubrité, et à la mendicité.

Entre racisme culturel et racisme biologique : le racisme anti ‐ Roms s’exprime à la fois par un rejet d e la différence culturelle comme menace à l’ordre national, mais aussi par référence au racisme biologique, avec une assimilation des populations roms à un groupe inférieur, pouvant aller jusqu’au déni d’humanité

Des préjugés institutionnalisés, à l’origine de violations des droits fondamentaux

La différence comme justification systématique à l’impossible intégration :

le discours public tend à justifier l’échec d’initiatives d’intégration par la seule attitude des bénéficiaires.

On questionne dans une moindre mesure la pertinence des démarches de diagnostic et de suivi ou encore le caractère adapté des solutions proposées et des moyens alloués.

Plutôt qu’une ligne politique directrice ferme visant la résorption des bidonvilles par l’intégration, c’est une approche répressive qui reste malheureusement privilégiée : les évacuations forcées des Roms étrangers entrainent une situation d’errance organisée (elles ont concernées 8 455 personnes en 2011 , 9 404 en 2012 , 19 380 en 2013 et 13 483 en 2014 ) .

Les discriminations et la violation des droits fondamentaux comme première conséquence du racisme : la banalisation des préjugés anti ‐ Roms n’épargne pas les agents de l’État.

Lorsque les idées reçues viennent orienter l’action publique, elles peuvent entraver l’accès aux droits et faire obstacle à l’intégration.

Ainsi, encore trop de familles se voient discriminées et privées de leur droit à la sécurité, à la santé, à l’éducation et à la formation, à l’accès aux soins et à la libre circulation.

C'est à Lyon ,une tranchée à été faite au abords d'un camp de Roms

C'est à Lyon ,une tranchée à été faite au abords d'un camp de Roms

La France et l'Europe

Selon une étude suédoise, la France est l’un des pays les plus racistes d’Europe. En effet, 22,7% des français ne veulent pas d’un voisin d’une autre « race » que la leur.

Selon un rapport publié par la CNCDH le 1er avril 2014, 35% des Français se disent racistes (9% se disent "plutôt racistes" et 26% "un peu racistes").

D'autre part, 87% des Français considèrent que les Roms constituent un "groupe à part".

Ce pourcentage est de 82% pour les gens du voyage, 56% pour les musulmans, 46% pour les Maghébins, 41% pour les Asiatiques, 31% pour les Juifs, les Noirs étant les mieux acceptés avec 23% des Français qui considèrent qu'ils constituent un "groupe à part".

Seuls 14% des Français pensent qu'il y a des "races" supérieures à d'autres et 80% estiment que les personnes qui tiennent publiquement des propos racistes, comme par exemple « sale noir », doivent être condamnées sévèrement par la justice.