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Tarik, 26 ans : « Le policier m’a tiré dans la tête sans sommation »

Les Ulis, ce vendredi. Tarik Malki, 26 ans, a 24 points de suture sur le front. Dans la nuit de lundi à mardi, alors qu’il sortait de la mosquée, il a été victime d’un tir en marge d’affrontements entre policiers et jeunes des quartiers. Il vient de déposer plainte contre la police.

Les Ulis, ce vendredi. Tarik Malki, 26 ans, a 24 points de suture sur le front. Dans la nuit de lundi à mardi, alors qu’il sortait de la mosquée, il a été victime d’un tir en marge d’affrontements entre policiers et jeunes des quartiers. Il vient de déposer plainte contre la police.

Le visage de Tarik Malki, 26 ans, est encore tuméfié. D’énormes hématomes commencent à se colorer sous ses yeux.
Son front, lui, est barré par 24 points de suture : une plaie de 12 cm qu’il a peur de conserver à vie, lui qui doit « bien présenter » dans son travail quotidien de chauffeur VTC à son compte.
Cet enfant des Ulis qui vit chez ses parents rentrait de la mosquée, en djellaba et claquettes au pied, lundi soir, vers minuit, lorsqu’il s’est retrouvé au milieu des affrontements entre des caillasseurs et les forces de l’ordre.
Et pour lui comme pour les nombreux témoins de la scène, pas de doute, il a été victime d’un tir de la police, un projectile de type Flash-Ball.
« Je n’ai rien à cacher, c’est pour ça que je veux qu’on divulgue mon vrai nom et mon vrai prénom », lance-t-il d’emblée au milieu de ses frères et du porte-parole du comité de soutien qui s’est formé après cet incident.
Car dans le quartier, tout le monde est solidaire, et tient à le montrer, à tel point qu’une marche organisée ce samedi en l’honneur de Tarik (voir ci-dessous)

Appel au calme et marche familiale

Le comité de soutien « Vérité et justice pour Tarik Malki » a lancé un appel au calme dès jeudi soir dans les quartiers des Ulis. La famille de la victime a relayé aussi ce message de « paix ». Samedi, une marche familiale, avec parents et enfants des Ulis et des villes alentours, est organisée à 14 h 30 au départ de la mairie où le porte-parole du comité de soutien et la famille Malki prendront le micro. « Sans violence, nous devons être vigilants et mobilisés pour faire face à cette répression sécuritaire aveugle, lance le porte-parole de ce collectif. Tarik Malki est innocent. Nous voulons la reconnaissance de son statut de victime. Et que le coupable soit condamné. »
« Nous sommes prêts à présenter toutes les preuves que nous avons, appuie Anass, 29 ans, le frère de la victime. Le projectile de la police qui a été ramassé sur les lieux, le bornage de nos téléphones, et tous ceux qui étaient présents peuvent témoigner. Nous avons des photos qui montrent qu’il n’était pas en tenue pour faire partie des caillasseurs des policiers. »
Car ce lundi, c’est dans un contexte d’émeute que Tarik Malki a essuyé ce tir au visage qui lui vaut 21 jours d’ITT (incapacité totale de travail). Depuis le début de la nuit, des affrontements font rage aux Ulis. « Je sortais de la mosquée et j’allais au café prendre un thé et jouer au billard, comme je le fais depuis le début du ramadan, relate Tarik Malki. J’étais avec deux amis, on longeait la devanture et on allait rentrer dans le bar. »

« C’était quasiment à bout portant »

La suite est racontée par l’un de ses compagnons qui a été auditionné à ce sujet par les enquêteurs : « Les policiers sont montés par des escaliers et se sont retrouvés face à nous à moins de 10 m. J’en ai vu un lever son arme, je suis rentré dans le café pour me protéger. Derrière moi, notre deuxième ami a fait un mouvement de côté et a évité le tir. Mais Tarik n’a pas eu le temps de voir et s’est pris le tir en pleine tête. »
S’il assure ne pas avoir perdu connaissance, Tarik Malki garde un souvenir un peu flou compte tenu de la douleur. Mais il est sûr d’une chose : « C’était quasiment à bout portant, il n’y a pas eu de sommation. Le policier a dû paniquer en tombant sur nous et il m’a tiré dans la tête. » Comme d’autres témoins de la scène, il balaye l’hypothèse d’un pavé jeté par les caillasseurs. « On était dans un recoin, les jeunes étaient en contrebas, plus loin et n’avaient aucun angle de tir », reprend Anass, le frère de la victime, arrivé sur les lieux quelques instants plus tard.

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