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ALGERIE - IL ETAIT UNE FOIS LE 20 AOUT 1955

Pour l'historienne de la guerre d'Algérie, Claire Mauss-Copeaux, ces moments d'horreurs qui suivirent dix ans après les manifestations pacifiques qui finirent en massacres de Sétif et Guelma (1).

Cet "épisode" sanguinaire de la guerre d'Algérie, n'avait pas étudié jusqu’à là, faute d'archives facilement disponibles pour les historiens, ce qui laissait place à toutes les versions possibles sur ce 20 aout 1955.

Claire Mauss-copeaux, c'est de manière professionnelle et avec rigueur mise à trouver des éléments tangibles sur ce qu'a été réellement ce 20 Aout 1955.

C'est à un réel travail de détective auquel s'est prêtée l'historienne, construisant son enquête sur des sources d'informations , de matériaux sous différentes formes, avec la minutie d'une historienne reconnue .

Allant jusqu’à même se déplacer en Algérie , dans la région ou c'est dérouler l'insurrection et la répression sauvage, sanguinaire qui a suivi.

"L’enquêtrice pour l'Histoire" à eu de nombreux témoignages d'acteurs , de témoins et de survivants de l'époque concernée, les recoupants avec éléments apportés par les archives militaire. la presse écrite, l'état civil de la région par le biais de ses registres de décès de 1955..

A partir de toute cette matière, et en veillant à replacer l'événement dans son contexte, l'historienne a éclairé les zones d'ombre, devenues sources des rumeurs les plus folles ces dernières années, en raison du travail de sape mené par les activistes de la mémoire.

Deux massacres d'Européens ont bien été perpétrés par les insurgés dans deux villages du Constantinois : à El Alia, 35 villageois ont été tués, et 7 villageois à Ain Abid. Les 29 autres victimes comptabilisées ont péri en divers endroits, dans des circonstances rarement précisées, lors d'une succession de crimes mais "non d'un crime de masse ", précise Mme Mauss-Copeaux. Le tableau faisant état d'un massacre généralisé des Européens dans le Constantinois, tel qu'il a souvent été rapporté par les médias français, est donc sans rapport avec la réalité.

Instrumentalisées par certains, les deux tueries d'El Alia et Ain Abid ont été érigées en sur-événements, avec un objectif : masquer l'insurrection du Constantinois et, surtout, dissimuler les terribles représailles qui se sont abattues bien au-delà du mois d'août sur la population civile de la région. La violence a été extrême et générale, partagée par les militaires et les civils engagés dans les groupes d' "autodéfense".

Des représailles à froid

Combien de civils algériens ont péri dans cette répression d'une ampleur démesurée ? Impossible de le dire avec certitude, répond Claire Mauss-Copeaux. Si l'on se fie aux estimations officieuses de militaires français, 7 500 Algériens auraient été tués entre le 20 et le 25 août. Mais cette estimation ne tient compte que des hommes tués au cours des affrontements et des ratissages. "Il ne faut pas oublier les autres victimes, massacrées par les milices ou tuées après le 25 août ", insiste-t-elle.

Quoi qu'il en soit, beaucoup de ces opérations de représailles ont été menées non pas à chaud - comme par ce père d'une famille dont tous les membres avaient été massacrés, mais à froid, par des militaires obéissant aux directives de leur hiérarchie et décimant, pendant plusieurs semaines, des civils sans défense.

Il n'est dans ce cas "plus question d'émotion", mais d'une volonté délibérée "d'écraser le nationalisme adverse" et de terroriser la population algérienne, souligne Claire Mauss-Copeaux. Pour l'historienne, le crime de guerre atteint alors des dimensions exceptionnelles : "Il est proche du crime contre l'humanité."

1) "Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata sont des répressions sanglantes qui suivirent les manifestations nationalistes, indépendantistes et anti-colonialistes qui sont survenues en mai 1945 dans le Constantinois, en Algérie pendant la colonisation française"

"l y a parmi les Européens 102 morts1 et autant de blessés. Le nombre des victimes algériennes, difficile à établir, est encore sujet à débat, 70 ans plus tard. Les autorités françaises de l'époque fixent le nombre de tués entre 1 020 et 1 340 (selon le rapport du général Paul Tubert). Le gouvernement algérien avance, par la suite, le nombre de 45 000 morts. Suivant les recherches récentes, le nombre varie de 5 000 à 10 000 victimes" source wikipédia

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