Arabie Saoudite : La monarchie des Saoud sous le feu des critiques

par A.D  -  26 Septembre 2015, 12:18  -  #INFOS INTERNATIONALES

le monarche, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
le monarche, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

L’Iran, qui a déploré la mort de 131 de ses pèlerins dans la bousculade, a dénoncé des failles dans le système de sécurité.

L’Arabie saoudite était vivement critiquée vendredi pour son organisation jugée défaillante du pèlerinage de La Mecque après une bousculade ayant fait plus de 700 morts sur le site de lapidation de Satan. La foule était moins compacte que la veille lorsqu’une bousculade, survenue au premier jour du rituel de lapidation près de La Mecque, a fait 717 morts et 863 blessés, la plus meurtrière tragédie à endeuiller le hajj depuis 25 ans en Arabie saoudite.

Les autorités saoudiennes ont promis une enquête "rapide et transparente" et le roi Salmane a aussitôt ordonné "un réexamen" de l’organisation du hajj, vivement critiquée par des pèlerins qui, sous le choc, disent avoir peur de poursuivre le pèlerinage.

L’Égyptien Mohammed Hassan, 39 ans, affirme craindre une nouvelle bousculade, critiquant la mauvaise gestion du mouvement des deux millions de pèlerins, rassemblés à Mina, à quelques kilomètres de La Mecque. "L’Arabie saoudite dépense beaucoup d’argent sur le hajj mais l’organisation est défaillante", a déclaré Ahmed, un autre pèlerin égyptien, estimant que le flux des fidèles à Mina, une cité de tentes blanches, devrait être mieux géré.

"Les gens trébuchaient, tombaient, tentaient de se relever […] et mouraient devant nos yeux", a rapporté Zaid Bayat, un homme d’affaires sud-africain. "Il n’y avait pas de marge de manœuvre" sur le lieu de la bousculade, a déclaré Aminu Abubakar, un reporter de l’AFP.

Selon lui, la foule était moins nombreuse et mieux contrôlée vendredi. "C’est mieux organisé et il y a plus de contrôles" sur le site de la lapidation, un pont à cinq niveaux où ont été déployés des dizaines de policiers, a-t-il dit. Rahman Sharif, un Kényan, cache à peine ses craintes : "J’avais peur mais je suis toujours en vie. J’espère que ma famille me reverra" sain et sauf.

Des dépouilles de victimes du drame
Des dépouilles de victimes du drame

Le hajj a été particulièrement meurtrier cette année : l’effondrement d’une grue le 11 septembre sur la Grande Mosquée avait déjà fait 109 morts et quelque 400 blessés. L’Iran, qui a déploré la mort de 131 de ses pèlerins dans la bousculade, a dénoncé des failles dans le système de sécurité mis en place par l’Arabie saoudite, son rival régional.

Depuis New York où il doit participer à l’Assemblée générale de l’Onu, le président iranien Hassan Rohani a demandé au "gouvernement saoudien d’accepter ses responsabilités" dans cette catastrophe.

Après la prière du vendredi à Téhéran, des fidèles ont manifesté pour dénoncer "le régime malveillant et incompétent", selon un communiqué d’un Conseil qui organise les manifestations officielles. "L’Arabie saoudite est incapable d’organiser le pèlerinage", a déclaré l’imam de la prière, l’ayatollah Kashani.

La Turquie prête à prendre la relève

Le président islamo-conservateur turc, Recep Tayyip Erdogan, a pris vendredi la défense de l’Arabie saoudite, vivement critiquée pour son organisation jugée défaillante du pèlerinage de La Mecque. "Des mesures vont sans doute être prises pour éviter une répétition de cette tragédie. Je ne m’associe pas aux déclarations hostiles contre l’Arabie saoudite", a-t-il dit à des journalistes. L’homme fort de Turquie a estimé qu’il serait "erroné de pointer du doigt l’Arabie saoudite qui fait son possible" pour que le pèlerinage se fasse dans la paix. "Il faut voir le verre à moitié plein, il peut y avoir des défaillances dans chaque pays dans de telles organisations", a ajouté le chef de l’État turc.

Contrairement au président Erdogan, un dirigeant de son parti au pouvoir à Ankara a estimé que si elle était chargée de le faire, la Turquie organiserait un meilleur pèlerinage que l’Arabie saoudite.

Les services d'urgence dépassés, des corps sont restés plusieurs heures dans les rues

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