Turquie : Le siege d'un parti prokurde attaqué , le siège du journal Hürriyet à nouveau visé par des partisans d'Erdogan

Logo du parti prokurde HDP
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Turquie-Le siège d'un parti prokurde attaqué à Ankara

Des manifestants se sont attaqués mardi soir au siège du Parti démocratique des peuples (HDP) à Ankara, a fait savoir le mouvement prokurde.

La foule a brisé les vitres du bâtiment, a précisé un membre du parti. Aucun représentant des forces de l'ordre n'a pu être contacté.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a dénoncé dans la soirée les attaques contre la presse, les partis politiques et les biens publics et a appelé au calme.

"Il est inacceptable d'endommager des locaux de la presse, des bâtiments de partis politiques ou la propriété de citoyens civils", écrit-il sur son compte Twitter. "J'invite tous mes compatriotes au calme et à avoir confiance dans l'Etat", ajoute-t-il.

Les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) multiplient les actes de guérilla depuis le début en juillet de la "guerre synchronisée" menée par l'armée turque, ce qui attise la colère des nationalistes à l'égard de la minorité.

Cette guerre est censée viser à la fois les djihadistes de l'Etat islamique (EI), jugés responsables d'un attentat suicide commis à Suruç, dans le sud-est de la Turquie, et les combattants kurdes, qui avaient réagi à l'attentat en s'en prenant à des membres des forces de l'ordre accusées d'inertie, voire de collusion.

L'offensive de l'armée turque, qui a fait au moins 2.000 morts parmi les séparatistes et une centaine dans les rangs des forces turques, a fait voler en éclats le cessez-le-feu en vigueur depuis 2012.

Le parti prokurde HDP avait réussi lors des élections législatives du 7 juin à franchir pour la première fois de son histoire le seuil des 10% des suffrages et ainsi avoir le droit de disposer de représentants au parlement.

Lors de ce scrutin, le Parti de la justice et du développement (AKP, conservateur) au pouvoir a perdu la majorité absolue dont il disposait depuis 2002.

Ahmet Davutoglu a tenté en vain de former une coalition avec certaines formations de l'opposition et devant son échec le président turc Recep Tayyip Erdogan a convoqué des élections anticipées pour le 1er novembre.
Le Journal Hurriyet
Le Journal Hurriyet

le siège du journal Hürriyet à nouveau visé par des partisans d'Erdogan

Istanbul - Le siège du quotidien Hürriyet a été visé mardi soir à Istanbul par une nouvelle attaque de partisans du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) qui l'accusent d'être hostile au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Une centaine de personnes se sont rassemblées en début de soirée devant le siège d'Hürriyet en chantant le nom du chef de l'Etat et "Dieu est grand", a rapporté le journal sur son site internet.
Ils ont ensuite jeté des pierres sur l'immeuble du quotidien et tenté de forcer la porte du journal. Des policiers les ont ensuite repoussés à distance de l'entrée, où ils ont continué a chanter des slogans favorables au parti au pouvoir.
Plus d'une centaine de partisans de l'AKP avaient déjà attaqué dimanche soir le quartier général stambouliote d'Hürriyet, l'accusant d'avoir déformé des propos de M. Erdogan.
Interrogé à la télévision à propos des violences récentes dans le pays, le chef de l'Etat avait déclaré que la situation serait différente si les élections du 7 juin avaient permis à l'AKP d'obtenir 400 députés.
"Si un parti avait obtenu 400 sièges aux élections et atteint le nombre requis au Parlement pour changer la Constitution, la situation serait différente", avait déclaré M. Erdogan.
Ses propos sont intervenus alors que des soldats turcs avaient été tués dimanche dans une attaque attribuée aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la localité de Daglica, dans le sud-est de la Turquie.
Hürriyet avait laissé entendre dans un tweet que cette déclaration faisait directement référence à l'attaque de Daglica, qui a tué 16 soldats, provoquant la fureur des partisans du président.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, M. Erdogan a s'en est pris à plusieurs reprises au groupe de presse Dogan, propriétaire du journal, qui ne suit pas toujours la ligne du gouvernement.
Mardi encore, M. Erdogan a critiqué le quotidien lors d'un discours à Ankara. "Quel genre de média êtes-vous '", a-t-il lancé.
A deux mois des élections législatives anticipées du 1er novembre, le chef de l'Etat est accusé par ses détracteurs de vouloir faire taire toute critique contre son régime.
La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG de défense de la liberté de la presse, qui reprochent à son gouvernement ses pressions récurrentes sur les journalistes.
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