“Le FN est un pur produit de la Ve République”

Cet article est très intéressant et ce que dit Jacque Rancière est juste concernant cette gauche qui c'est trahie, qui n'est plus la gauche au final.
Elle est devenue une bourgeoisie "politicienne" qui n'a plus pied dans la réalité , dirigée par des pontes qui utilise un discours de gauche , humaniste que lorsqu'ils sont dans la merde électoralement.
Leurs partis en sont devenus des entreprises à carriéres, des succursales d'enregistrement des puissances de l'argent .
Ils en sont devenus les valets
Nous parlions dans un article il y a de cela plus de dix mois de ré-évolution ( et non pas révolution) du système politique en France, ou le chaos tôt ou tard sera inévitable.
La cinquième République " s'auto-détruit", se meurt et elle en amène avec elle la nation.
Il faut en finir avec elle et en reconstruire une solide bâtie sur un pacte républicain construit et partagé par TOUS, sans exclusives mais aussi et surtout sans exclusion.
A.A.Dadi
Jacques Rancière
Jacques Rancière

Pour le philosophe Jacques Rancière, c'est la professionnalisation de la politique qui nourrit le sentiment d'exclusion. Entretien.

Jacques Rancière, philosophe, a été l'élève de Louis Althusser. Spécialiste de la démocratie, il est l'auteur d'essais mondialement connus: «le Philosophe et ses pauvres» (Champs-Flammarion, 1983), «la Haine de la démocratie» (La Fabrique, 2005) et «le Spectateur émancipé» (2008). Pour lui, c'est la professionnalisation de la politique qui nourrit le sentiment d'exclusion. Afin d'en sortir, il faudrait instaurer de nouvelles règles de représentation, notamment le mandat limité et le tirage au sort.

L'OBS. Avez-vous été surpris par l'ampleur de la progression du Front national ?

Jacques Rancière. Je n'aime pas bien jouer les prophètes, mais il se trouve que j'avais écrit en 1997 un texte satirique intitulé : «Sept règles pour aider à la diffusion des idées racistes en France». J'y mettais à nu le double jeu des politiciens, journalistes et intellectuels qui stigmatisaient le FN et ses électeurs tout en diffusant ses idées, et notamment en relayant l'obsession du «problème» des immigrés.

Depuis lors, on a fait encore mieux. Des intellectuels dits «de gauche» ont aidé à rénover l'idéologie du FN en enrôlant la République, la laïcité, l'universalisme et l'égalité des sexes au service de la stigmatisation des «barbares». Et les partis de gouvernement qui ont permis la destruction du tissu industriel et des solidarités sociales ont pris le relais avec leurs campagnes «républicaines».

Quand tous ces gens viennent dire : «Nous sommes le seul rempart contre le FN», je ne m'étonne pas du nombre de ceux qui pensent que, somme toute, les assaillants sont peut-être préférables à ces remparts.

Face à ce désastre, peut-on reconstruire la gauche ?

Si on appelle «gauche» ce qui gravite autour du PS et de ses parasites institutionnels et culturels, je ne vois pas comment elle remédierait, plus que la droite qui lui fait pendant, à la situation qu'elle a créée. On n'a jamais vu une classe gouvernante se suicider. L'espoir ne peut venir, à long terme, que de forces populaires neuves qui se développent de façon autonome, avec des propositions, des formes de discussion et d'action à l'écart des agendas politiques fixés par les partis étatiques et relayés par les médias.

Les expériences de mobilisation à l'étranger - Syriza, Podemos, Occupy Wall Street - ne vous apparaissent pas comme des sources d'espoir ?

Le «mouvement des places» a posé l'exigence de cette radicale autonomie par rapport aux agendas étatiques et médiatiques. Il n'a pas trouvé les moyens de s'inscrire dans le temps ou alors il a été récupéré par la logique parasitaire de la «gauche de la gauche».

Vous ne croyez pas à la possibilité de reconstruire la gauche dans le cadre actuel ?

Je ne vois pas comment ce cadre pourrait annuler les effets qu'il a produits. Le FN est un pur produit du système de la Ve République, qui permet à un parti minoritaire de gouverner sans entraves, quitte à laisser périodiquement la place au parti concurrent. Le Front a su occuper la place que le système dit «majoritaire» et la professionnalisation de la politique dessinent en creux : celle de l'exclu du système.

La règle du jeu, conçue pour permettre à la classe politique de gouverner tranquillement, n'a pas seulement produit l'effet électoral inverse de celui recherché. Elle a aussi tué la vie politique démocratique et les énergies militantes susceptibles de résister.

Est-ce que la gauche de gouvernement, les médias et la classe intellectuelle sont prêts à se dire : quel monde sommes-nous en train de construire? Seule une vie politique où le tirage au sort aurait sa part et où les gouvernants seraient là pour un temps limité interdirait des situations comme celle que nous connaissons.

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