Commémoration de l'abolition de l'esclavage et après ?!

La loi Taubira (10 mai 2001) est à l'origine de la journée du souvenir de l'esclavage :


la loi n 2001-434 « tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité »


Dans cette ligne politique, en 2006, l'ancien président Jacques Chirac avait fait du 10 mai une journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.


Ce 10 mai, François Hollande a fait un pas politique supplémentaire, "un pas" qu'il a été fortement pousser à faire sous la pression active d'organisations.


Multipliant les conférences, débats, manifestations, mettant en place un rapport de force politique en maintenant une pression intelligente sur les décideurs politiques, des organisations telles que le C.R.A.N (Conseil représentatif des associations noires en France) ou de la BAN (Brigade anti-négrophobie) et les nombreux autres collectifs, associations, représentants luttant contre la négrophobie et pour la reconnaissance et la réparation de l'esclavage, ont obtenu une première victoire.

Cette avancée n'est pas due à une volonté politique socialiste en tant que telle , comme osera sans doute le dire sans honte bu dans une démarche électoraliste de récupération, certains représentants de ce parti.


Que neni ! C'est ce rapport de forces convergent et permanent de tous ceux, qui, de Christiane Taubira au CRAN, en passant par l'activisme de terrain déterminé des Brigade contre la négrophobie, qui porte ce combat depuis des années, qui ont gagné cette première bataille.


Le contexte politique, plus particulièrement celui-ci concernant François Hollande et son parti, qui sont bien fragilisés politiquement à une année des présidentielles, a sans aucun doute "aider" à ce qu'ils démontrent à nouveau (16 ans après !), qu'ils avaient une politique « tendant à la reconnaissance..."


Ceci démontre que lorsque les minorités dites visibles et leurs amis humanistes comme nous sommes pour une très bonne part d'entre nous à Vénissieux et ailleurs, sont organisées, structurées indépendamment de toutes organisations politiques, en faisant converger leur dynamique dans un même sens, but : l’intérêt général pour une cause.


L'establishment politique partisan dominant par "peur électoraliste", est dans l'obligation de répondre aux exigences de citoyens déterminés et n'ayant pas avec eux un rapport de complaisance, de compromission mais de force, par une pression politique continue.

C'est pourquoi il n'y a là aucun remerciement à faire à ce gouvernement qui se dit socialiste mais il faut les adresser plus justement, à toutes ses organisations qui n'ont rien lâcher depuis ces 15 dernières années.

Commémoration de l'abolition de l'esclavage et après ?!

Il aura fallu tout de même 10 ans pour qu'à nouveau il y est une "avancée", "tendant" toujours et seulement jusqu'à présent, que dans son aspect mémoriel :


« J’ai proposé qu’une fondation puisse regrouper tous les acteurs » a dit françois hollande au micro de France "O".


Il précise : « les collectivités locales, l’Outre Mer, d’autres pays, une action qui puisse se retrouver dans le temps, toute l’année. (…) Cette fondation aura des moyens supplémentaires. Elle pourra réfléchir à des lieux de mémoire, un mémorial peut-être ici à Paris (…) mais aussi des musées qui pourraient se fédérer autour de la fondation »


Il était plus que temps et c'est un euphémisme écrit avec une certaine amertume.


Puisque à ce jour, en 2016 en France il existe 12 ooo musées dont 12 pour le sabot (l'objet!) et 0 musée de l'esclavage et de la colonisation.


Le pasteur américain Jesse Jackson, compagnon de route de Martin Luther King, grande figure de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis , qui était présent lors de la commémoration officielle à Paris, à fait une allocution.

Grâce à son intervention, il a ramené sur terre après ces envolés lyriques, François hollande qui s’enflammait, semblant s'habillait de nouveau du fédérateur humaniste qu'il avait joué en 2012.
Par une simple phrase, il l'a ramené à la réalité sociétale de ce pays :


"Nous sommes tous les enfants de Dieu, nous comptons tous, a-t-il déclaré. Aujourd'hui nous sommes libres mais nous ne sommes pas égaux (...) les enfants des esclaves doivent être des employeurs et pas seulement des employés."


Précisant avant, pour ceux qui continuent à lutter face à ces injustices qui perdurent à "ne pas renoncer" .


Mais cette victoire de l'Histoire face à tous les nostalgiques d'un passé exclusivement glorieux fantasmé, n'est que le point de départ à d'autres plus importantes à venir.


Celle d'une "décolonisation mentale" qui passe comme le revendique depuis des décennies de nombreux mouvements en faisant «faire évoluer les programmes scolaires et les recherches universitaires de manière à mieux prendre en considération les réalités coloniales et postcoloniales».


Ainsi espérer que les préjugés issus de l'imaginaire colonial qui perdure même dans le discours, certains programmes politiques dans ce pays soient battus en brèche par les vérités de l'Histoire, enseignées dès l'école primaire avec des programmes adaptés et s'approfondissant tout au long de la scolarité.

Pour passé d'une Histoire subjective qui rend plus gloire parfois à l'arbitraire, pour devenir une Histoire qui tend toujours vers l'humanisme par ce que regarder dans toutes ses vérités humaines.
Il reste encore beaucoup de bataille à gagner pour mettre fin à l'apartheid social, culturel, spatial, économique qui touche les citoyens Français issus de l'immigration postcoloniale et ressortissants étrangers.


Sur un plan international en aboutissant à l'annulation de la dette des anciennes colonies, la fin du système injuste du franc CFA, le remboursement à Haïti du tribut financé que la France lui a imposé de payer depuis son indépendance qui s'est saignée durant cent vingt-cinq ans pour honorer son contrat...la Françafrique....

A.A.Dadi

L'envers du décor de la commémoration de l'abolition de l'esclavage 2016, une vidéo de la B.A.N ( Brigade Antinégrophobie) :
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