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Bernard de La Villardière agressé à Sevran: les jeunes mis en cause témoignent

De gauche à droite: Mehdi, Bertrand, Manolito, Ousmane et Vinks David Perrotin / BuzzFeed News
De gauche à droite: Mehdi, Bertrand, Manolito, Ousmane et Vinks David Perrotin / BuzzFeed News

Il est 16h30 ce dimanche à Sevran lorsque nous retrouvons Ousmane à la cité des «Radars». Comme souvent, lui et ses amis discutent, fument, ou jouent à la PlayStation dans un local situé juste devant la mosquée de la cité. C’est aussi à cet endroit qu’est venu tourner le journaliste Bernard de La Villardière pour l’émission Dossier Tabou diffusée mercredi 28 septembre sur M6.

«Apparemment, nos caméras dérangent»

Quelques jours après, cette bande d’amis parle encore de cette enquête intitulée «L’islam en France: la République en échec». À l’exception d’Ousmane, les personnes rencontrées ne souhaitent pas donner leur identité. Ils veulent se faire appeler Mehdi, Bertrand, Manolito et Vinks. Leur nom de famille? «”De la ville de Sevran”, parce que c’est mieux que de La Villardière». Ils ressassent les images de l’équipe de tournage agressée, largement relayées avant et après la diffusion du reportage.

Dans son émission, l’animateur souhaite interviewer l’imam controversé Dhaou Meskine, le propriétaire du lieu de culte surnommé «la mosquée de Daech», depuis que plusieurs jeunes l’ayant fréquentée sont partis combattre en Syrie.

Bernard de La Villardière et Bertrand. M6

Bernard de La Villardière et Bertrand. M6

Le tournage, qui a eu lieu le 11 avril 2016 à 16h30, est alors interrompu par «des jeunes» du quartier qui sont en réalité tous trentenaires. Sur les images de M6, on les voit insulter et violemment bousculer les quatre journalistes. Le passage retenu par le présentateur laisse penser que tout ce que veulent les protagonistes, c’est empêcher l’équipe de filmer le quartier, et surtout la mosquée, ainsi que casser leur matériel. «Apparemment, nos caméras dérangent», dit en voix off Bernard de La Villardière, qui décrit les individus mis en cause comme ceci:

«Dans ce groupe de jeunes, un mélange de salafistes et de dealers de drogue.»

Mais Ousmane, qui a aussi filmé l’altercation avec son téléphone, veut «donner sa version». «Bernard de La Villardière a sélectionné quelques images pour montrer une bande de voyous l’agresser purement et simplement. Sauf que la réalité est vraiment différente», affirme ce salarié d’une entreprise de transport de 33 ans.

D’après lui et six autres hommes présents ce jour-là que nous avons rencontrés, «Bernard de La Villardière s’est montré irrespectueux dès le début et ça, on ne le voit pas sur ses images. Ma vidéo montre au contraire, qu’on lui reprochait de nous avoir ignorés». Il poursuit:

«Lorsqu’on a vu les trois caméramans et l’animateur devant le propriétaire de la mosquée, on est allés les voir pour les saluer et pour avoir des précisions sur les motifs du reportage. On s’est demandé qui était cet imam qui n’a jamais mis les pieds à Sevran. Sauf qu’aucun des journalistes n’a répondu à nos bonjours. La Villardière nous a simplement ignorés et a dit à son équipe: “C’est bon on tourne.”»

Les quatre Sevranais , rapidement rejoints par d’autres, ont alors gêné l’interview en exigeant que l’équipe les salue. D’après eux, «c’est la réaction du présentateur, qui a commencé à hurler et à dire qu’il était en France chez lui, qui a été l’élément déclencheur de l’altercation». «Il est dans son pays, mais nous aussi. Je suis né dans cette ville, la France est aussi mon pays», dit Vinks.

«Moi j’aimais beaucoup Bernard de La Villardière. Je regardais ses reportages le dimanche, je me disais que c’était un mec chaud. Il me faisait voyager.»

«On veut rétablir la vérité», ajoutent-ils, précisant avoir deux vidéos montrant Bernard de La Villardière «[les] provoquer». Ousmane, qui avait mentionné l’existence de ces vidéos dans un post Facebook, a été sollicité par un grand quotidien national qui a proposé de les lui acheter 7000 euros. Il a finalement décliné l’offre et accepté de les donner à BuzzFeed News (sans aucune contrepartie).

Sur ces images, non coupées, on entend les habitants réclamer à plusieurs reprises «un bonjour» et accuser de La Villardière d’«avoir mal parlé» et de les avoir ignorés. Le présentateur se montre plus virulent dans ses propos que dans la séquence diffusée sur M6.

L’altercation débute lorsqu’un des trentenaires met sa main devant une caméra. Ils réclament d’être salués. «Je ne peux pas dire bonjour, je suis en train de parler», répond l’un des caméraman.

«Je fais ce que je veux, je suis dans mon pays»

«Hey, toi arrête de filmer, trou du cul», dit Bertrand pendant qu’un autre insiste: «On veut dire bonjour». «On a dit bonjour, c’est bon tout va bien», rétorque La Villardière. C’est à ce moment que la situation s’envenime:

Bernard de La Villardière: - Vous nous laissez bosser, d’accord? Vous nous laissez bosser!

-Arrête de crier sur les gens.

- Partout où j’ai été dans le monde, on m’a laissé bosser.

- Et alors?

- Vous allez me laissez bosser? Alors! (…) Ça vous embête qu’on parle de cette mosquée? Ça vous gêne qu’on parle de cet endroit, ça vous gêne?

- À raconter de la merde, ouais ça nous gêne.

- Quelle merde? Ça te regarde? Je fais ce que je veux. Je suis dans mon pays, et j’ai le droit de faire ce que je veux, d’accord. (…) Arrête de me toucher, ok? Bon alors dégagez! Vous dégagez

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